Le coronavirus plonge la Chine dans une nouvelle crise (géo)politique

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Entretien de Thierry Kellner (REPI/EASt) avec Sabine Verhest pour Lalibre.be, 5 février 2020

Dans un pays où garder la face se révèle essentiel, la fermeture des frontières terrestres de pays voisins amis (comme le Kazakhstan, le Népal ou la Corée du Nord) et l’interdiction d’entrée, aux États-Unis ou en Australie, d’étrangers venant de Chine claquent comme une gifle. D’autant qu’elles s’accompagnent, sur les réseaux sociaux, d’un tombereau d’injures, de fantasmes et de critiques antichinois (l’origine supposée du coronavirus - une soupe de chauve-souris - n’aidant évidemment pas).

"Son image est écornée, mais la Chine montre qu’elle prend des mesures comme peu d’États au monde en seraient capables", qu’il s’agisse d’un confinement à grande échelle ou de la construction expresse d’hôpitaux, constate Thierry Kellner, chargé de cours à l’ULB, spécialiste de la Chine. "Certains États proches de Pékin mettront plutôt en avant ces éléments positifs de la gestion de la crise, tandis que d’autres, plus négatifs à l’égard de la politique chinoise (vis-à-vis de Hong Kong, de Taïwan, des Ouïghours), se montreront beaucoup plus critiques."