Devoir de mémoire ou droit au déni ? Les tunisiens face à la révolution du 14 janvier 2011

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Séminaire de recherche

Par Chiara Diana, Chercheure post-doctorante, Université libre de Bruxelles (REPI-OMAM/MSH)

Discutante : Suzan Gibril, ULB (CEVIPOL)

Abstract

Huit ans après la révolution du 14 janvier 2011, les tunisiens font face aujourd’hui à des situations socio-économiques et des changements politiques qui semblent mettre en discussion les acquis de cette révolution et contraindre la société à en dénier tout apport positif.

À travers les entretiens et les données collectés lors de la dernière enquête de terrain en Tunisie (février-mars 2019), l’auteure analyse les positions ambivalentes de l’État tunisien face au devoir de mémoire et aux commémorations officielles des événements révolutionnaires qui ont amené au départ du président Ben Ali le 14 janvier 2011. Elle présente ensuite quelques actions mises en place par la société civile afin de conserver vivant la mémoire de la révolution au travers d’une construction nationale et non partisane de celle-ci. Enfin, elle explore ce qui reste des événements de 2010-2011 chez les jeunes tunisiens de Sfax, Sidi Bouzid, Kasserine et Gabès. Leur mémoire de la révolution permet en outre de mettre en lumière les émotions et les espoirs qui y sont associés, ainsi que les défis actuels de la société tunisienne qui tendent à œuvrer plus en faveur d’un déni de la révolution que de sa mémoire.

Chiara DIANA est historienne, chercheuse post-doctorante à l'ULB (REPI-OMAM/MSH). Son projet de recherche  « Tunisie et Egypte : mémoire de deux révolutions entre représentations ordinaires et constructions officielles »  porte sur la mémoire et la transmission des révolutions en Tunisie et en Egypte. Elle a soutenu sa thèse de doctorat, L’éducation préscolaire en Égypte (1981-2011) : une sociohistoire de la construction sociale de la petite enfance, à Aix-Marseille Université en 2015, pour laquelle elle a récemment reçu le prix de thèse de la Fondation Louis Cros – Académie des Sciences morales et politiques (Paris). Elle a vécu plusieurs années (entre 2002 et 2017) en Egypte où elle a mené des enquêtes de terrain auprès d’institutions éducatives préscolaires publiques et privées. Elle a une longue expérience d’enseignement auprès de l’Université de Paris 3, Sorbonne Nouvelle et à Aix-Marseille Université (2007-2012). En 2014, elle a donné un cours comme professeure invitée à l’Université d’Illinois (Urbana-Champaign, USA). En 2010, elle a travaillé comme assistante au chargé de programme à la section Éducation de l’UNESCO (Paris). Elle réalise régulièrement des services de consultancy dans les domaines de l’éducation, de la petite enfance, de la parentalité et de la protection de l’enfance pour des institutions internationales comme la Banque Mondiale. Ses intérêts de recherche actuels portent sur l’enfance et la jeunesse dans les pays arabes, la mémoire individuelle et collective, l’activisme égyptien en diaspora, la migration, la vulnérabilité des enfants syriens en déplacement et la réponse des ONG internationales à la crise syrienne.

Mercredi 8 mai 2019 de 12 à 14 heures

Université libre de Bruxelles (IEE - salle Kant)

39 av. F. Roosevelt, 1050 Bruxelles

Inscription en ligne obligatoire via ce → lien (lunch sandwichs offert aux personnes inscrites)

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