La Chine et l’Iran : une alliance en formation ?

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Iranian students protest at the University of Tehran in the capital on December 30, 2017. Image credit: AFP PHOTO / STR
Auteur
KELLNER, Thierry
Année
2020
Edition
Confluences Méditerranée
Pages
pp. 151-165

Tags

Thierry Kellner, « La Chine et l’Iran : une alliance en formation ? », dans L’Iran en quête d’équilibre, sous la direction de Mohammad-Reza Djalili & Clément Therme, Confluences Méditerranée, n°113, 2020/2

Résumé : Au XXe siècle, dès la période du Shah, en dépit de la très grande différence de régime politique, la République populaire de Chine (RPC) et l’Iran ont progressivement développé leurs relations. Malgré des turbulences, la révolution islamique de 1979 ne les a pas remises en cause. Au contraire, depuis les années 80, elles se sont régulièrement étendues. Le contexte lié à la question nucléaire iranienne depuis 2003 leur a permis de s’amplifier. Téhéran, isolé, a recherché davantage l’appui chinois alors que Pékin a utilisé ce contexte pour étendre les liens et accentuer son implication économique dans le pays. Ces deux dernières décennies, ils ont donc consolidé leurs rapports multiformes. Si la signature du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) à Vienne le 14 juillet 2015 a eu des effets contrastés sur leurs rapports bilatéraux, sa dénonciation par l’administration Trump en mai 2018, tout en créant de l’incertitude, en a ouvert une nouvelle étape. Vu ces développements, on peut s’interroger sur la possibilité d’une « alliance » entre les deux régimes. Les dynamiques en œuvre, les intérêts croisés et les multiples coopérations établies semblent y pousser. Cette hypothèse méconnaît pourtant d’importantes limites à leurs relations bilatérales.